Instants d’éternité, les œuvres de Patrick Naggar participent d’une quête spirituelle menée dans un austère dépouillement, une construction de l’élégance de l’esprit, de la légèreté de l’âme dans le chaos tragique de la matière brute. » Lionel NOURY.
La toile, Patrick S. Naggar (1954) la conserve comme support principale de son œuvre. Il y ajoute divers matériaux traités en épaisseurs ; les instruments appliquent comme des « traces-signes » une matière picturale épaisse, granulée, incisée, stratifiée. L’artiste broie, modifie la matière minérale originelle façonnée par les éléments et le temps, pour que le monde soit présent dans cette aventure du geste. Telles des inscriptions, ses œuvres sont des lieux inhabités, immobiles, bruts, pour que l’espace et le temps restent le sujet principal. Un infini, un absolu qui appartient au passé et à l’avenir.
La quasi monochromie des toiles et collages de Patrick Naggar accompagne sa recherche d’ascèse, du fait plastique pur. Du silence de son trait ressort une omniprésente dualité. Ombre et lumière, brume et clarté, force et tranquillité. Une invitation à discerner nos propres dualités.
« Le ciel allège le sol, le sol aspire le ciel. Une lumière pâle, environnée de sombre, découpe un univers structuré. Quand la couleur apparaît, renvoyant au substrat matiériste, elle est le plus souvent terre.
Ceci est bien de la matière. Dans sa présence tactile, le monde est là, l’esprit le dit, au plus proche, dans le dépouillement de l’intériorité. » Lionel NOURY, extrait du catalogue de l’artiste
François Weil (1964) défie les lois de la pesanteur en donnant un mouvement aux matériaux habituellement pesants et statiques que sont l’ardoise, le basalte, le granite, le marbre…Il y insuffle élan et légèreté en trouvant le point précis où les pierres assemblées oscilleront au gré du vent.
Modestes ou monumentales, les sculptures exposées sont en effet toutes conçues sur le principe d’une double rotation, sur des plans qui peuvent être parallèles ou asymétriques, exigeant pour certaines deux poussées là où, pour d’autres, le second mouvement est entraîné mécaniquement par le premier. » Y.Mercoyrol, extrait du catalogue de l’artiste
La réflexion plastique de l’artiste, qui repose sur le principe de déséquilibre, impose au matériau de quitter son inertie, faisant ainsi écho aux déplacements géologiques naturels. Pour stimuler le regard, François Weil donne une forme, une direction à ce matériau qui devient dynamique puisqu’il peut se balancer et fluctuer. Ses sculptures mobiles ouvrent une multiplicité de lectures qui ne veulent délivrer aucun message. Jeu d’équilibre et de déséquilibre qui allie force et élégance pour rencontrer la sensibilité de chacun.
Visite virtuelle de l’exposition, découvrez les œuvres en 360° ! www.matmutpourlesarts.fr/expositions/Naggar-Weil
Naggar/Weil, minéral, Du 11 octobre 2014 au 4 janvier 2015
CENTRE D’ART CONTEMPORAIN DE LA MATMUT
425 rue du Château
76480 Saint-Pierre-de-Varengeville
Tél. : +33 (0)2 35 05 61 73
Web : matmutpourlesarts.fr
L’exposition est ouverte du 11 octobre 2014 au 4 janvier 2015, du mercredi au dimanche,
de 13h à 19h – Fermé les jours fériés
Entrée libre